Le temps des physiciens de Galilée à nos jours

    vendredi 13 janvier 2006

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      texte de Michel Joire à voir sur son site :http://www.mjedition.com/Page_30.htm


      Le temps des physiciens de Galilée à nos jours :

      Après toute ces réflexions sur le temps en général, [1] plutôt que de nous demander « Quelle peut bien être la réaction d’une idée bien arrêtée qui voit passer une pensée fugitive et fuyante ? » ce qui allongerait encore le débat sans vraiment l’éclairer, il convient de nous pencher, en dernier ressort, sur le temps des physiciens, celui qu’il est convenu d’appeler le temps opératoire et qui, nous l’avons déjà dit tout à l’heure, est un temps très particulier.

      Nous ne parlerons pas ici de la mesure du temps, qui est certainement un des plus anciens soucis de l’humanité, ni des instruments qui ont permis une évaluation de plus en plus précise de la durée des phénomènes temporels mesurés. Cela nous éloignerait de notre préoccupation proprement dite qui concerne, rappelons le, la nature du temps. Signalons simplement que nous devons nous garder de confondre la mesure des phénomènes temporels avec le temps lui-même. Ce serait confondre le moyen et la chose.

      Jusqu’à Galilée l’idée commune du temps était restée centrée sur des considérations quotidiennes et saisonnières qui ne s’inquiètaient guère des fluctuances rencontrées dans la durée des jours et des nuits en cours d’année non plus d’ailleurs que de l’exactitude des mesures, les progrès accomplis jusqu’alors visant surtout à réduire les divergences significatives entre instruments de mesure voisins.

      Depuis les anciens Babyloniens et pendant des siècles, c’est la forme du cercle qui a prévalue pour représenter le temps. Ceci était liée à la croyance, avant que Kepler ne vienne la contredire, en une course strictement circulaire des astres et à l’idée bien établie que la forme du cercle constituait la figure de la perfection, celle qui n’avait ni début ni fin, celle dont la régularité était si aboutie que nul ne savait comment la parfaire.

      L’idée d’un temps refermé sur lui-même comme un anneau et faisant des boucles à l’infini, le fameux mythe pythagoricien de l’éternel retour symbolisé par le serpent qui se mord la queue, s’est donc établi très tôt au sein des grands mythes de l’humanité et dans quelques anciennes philosophies telle celle des stoïciens.

      Pour ces philosophies, si le monde se dégrade et périt, c’est pour infiniment se régénérer à l’identique de sorte que ce qu’on nomme avenir n’est que du passé qui va revenir. Rien ne s’ajoute jamais à ce qui est par l’effet du temps et toute nouveauté est impossible, à ceci près que le libre arbitre qui veut que l’on puisse faire telle chose plutôt qu’une autre est tout de même préservé, ce qui nous semble très paradoxal.

      La fortune philosophique du concept d’éternel retour a quelque chose d’étonnant car prise rigoureusement, l’idée qu’un même cycle temporel puisse se répéter à l’infini ne peut être défendue, même si l’on suppose que chaque cycle est vécu pour lui-même comme un événement unique et neuf oublieux de ce qui l’a précédé et inconscient de ce qui lui succèdera.

      Si le libre arbitre est préservé, il influe nécessairement sur les effets ou n’a plus de raison d’être et cette liberté empêche les évènements de se reproduire, même aveuglément, à l’identique. Dans ce cas on ne peut assimiler le cycle temporel à un véritable retour.

      Si le libre arbitre n’est pas préservé, même si celui qui vit le cycle temporel, ayant perdu la mémoire du retour,ignore qu’il ne fait que le revivre ce qui rend déjà le retour différent, c’est dur pour le moral.

      Dans ce cas, à quoi bon déployer des efforts pour nous améliorer et tenter d’améliorer le monde qui nous entoure.

      Sans vouloir trop invoquer l’évolution des espèces et ses spécialisations diverses de plus en plus poussées, que devient la nôtre et les progrès qui l’accompagnent ne fussent-ils que techniques ?

      [1] le sommaire sur le site de Michel...

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